1

Véronique, qui accompagne sa maman

Ce qui a été le plus dur, c’est quand ma mère s’est mise à déverser sa colère sur moi. C’était toujours violent. Elle m’insultait et me balançait toute sa colère en pleine figure ; pour elle, j’étais responsable de toutes ses difficultés. Comme elle était divorcée de longue date, et atteinte de la maladie d’Alzheimer, c’est moi qui me suis occupée d’elle.

Dans ces moments de conflits, je ne disais rien, je pleurais. Au fond de moi, je lui en voulais, mais je n’ai jamais rien osé dire, ni à elle ni à personne. De plus, elle était d’une gentillesse incroyable à l’égard de mon frère, qu’elle voyait très rarement. Lui, il ne s’est occupé de rien du tout, mais c’était lui qui passait pour l’enfant parfait. Qu’est-ce que j’ai été jalouse de lui. Ce fut une période horrible dans ma vie, une véritable descente aux enfers. Je suis passée par toutes les émotions. Finalement, après avoir passé ses derniers mois dans un EMS, ma mère est décédée ; j’ai mis presque deux ans pour m’en sortir et pour faire la paix avec moi-même et avec mon frère aussi. Je n’en pouvais plus, j’avais besoin d’aide. J’ai vu une psychologue et j’ai fréquenté aussi un groupe d’entraide. Aujourd’hui, je ne vais plus chez la psy et enfin je me sens gentiment en paix.

15  novembre 2020